13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 17:05

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 21:14

La 17eme édition du Salon International du Livre d'Alger ouvrira ses portes le 20 septembre à la SAFEX. Sous le slogan " Le livre vecteur de libération ", cette nouvelle édition rendra hommage à deux écrivains Algériens, Mouloud Féraoun et Ahmed Rédha Houhou tombés, tous les deux sous les balles de l'occupant français. Le premier est auteur d'expression francophone et l'autre écrivain d'expression arabophone. Si Mouloud Féraoun est très connu du public lecteur de littérature, l'autre est plus connu des initiés de la littérature Algérienne d'expression arabophone. Et là encore ! Alors qui est Rédha Ahmed Houhou ?

Pour porter un éclairage sur cet homme de grande valeur, Le précis des Lettres vous propose cette biographie trouvée sur le net et écrite par le journaliste et intellectuel Ahmed Benzelikha :

 

Ahmed Rédha Houhou, père du roman algérien en langue arabe, écrivain à la verve satirique, pleinement engagé dans le combat pour l’émancipation de sa société et la liberté de son peuple, intellectuel bilingue, d’une formation singulière, tant à l’école de Jules Ferry, qu’à l’Ecole des sciences légales de Médine d’Ahmed Fayed Abadi.

 

Natif de Sidi Okba, il vit le jour en 1911 dans cette belle palmeraie où repose l’apôtre de l’Islam maghrébin, Okba Ibn Nafaâ, qui porta haut l’étendard de Dieu, jusqu’aux bords de l’Atlantique.

 

D’un milieu aisé, il eut une enfance heureuse et put poursuivre ses études jusqu’au certificat d’études qui lui ouvrit les portes de l’administration des postes.

 

Peut-être que Houhou, aurait pu mener la tranquille existence d’un employé des postes, dans une sous-préfecture coloniale. Mais il était écrit qu’un tournant allait donner à sa vie un tout autre sens.

 

En effet, sa famille décida de s’établir à… Médine. L’antique Yathrib fut, bien sûr, à la hauteur de sa prestigieuse hospitalité. C’est là où le jeune algérien eut à fréquenter l’Ecole des sciences légales de Médine, où il obtint les diplômes nécessaires pour y exercer les fonctions d’enseignant, aux côtés de noms illustres du charaâ et du fiqh.

 

Un tel apanage était rare pour un Maghrébin des années 1930 et n’en souligne que plus le mérite de Houhou. Houhou qui, démentant le stéréotype du « faqih » sombre et revêche qui, plus tard, fera florès, signe de nombreux articles dans la presse locale, à l’instar d’El Menhel ou Saout El Hidjaz, qu’il contribue à enrichir grâce à sa connaissance de la culture française.

 

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, il poursuit l’aventure des mots en écrivant plusieurs nouvelles, renouvelant ainsi le genre narratif arabe. Il s’inscrit en cela comme l’un des précurseurs de la littérature romanesque arabe, affirmant ses idées novatrices dans un article critique demeuré célèbre, intitulé « La littérature arabe va-t-elle à l’extinction ? ».

 

Sa contribution et sa renommée furent telles, qu’on le surnomma « le pionnier du récit en Arabie », allant jusqu’à le faire figurer jusqu’à aujourd’hui comme écrivain saoudien, dans l’Encyclopédie de la littérature saoudienne.

 

Peut-être que Houhou aurait pu mener la confortable existence d’un « adib » saoudien bien établi et vivre longtemps entouré de soins et d’attention.Mais il était écrit, qu’Algérien, il ne pouvait que répondre à l’appel de celle-ci, au lendemain des massacres du 8 Mai 1945, Ahmed Rédha Houhou revient au pays et s’établit à Constantine.

 

Constantine, où l’Association des uléma, présidée par cette vive intelligence que fut El Ibrahimi, lui ouvrit naturellement ses portes. Comment pouvait-il en être autrement à la confluence de l’héritage de lutte pour l’émancipation sociale et le renouveau religieux, laissés en legs par Ibn Badis ? Ahmed Rédha Houhou sera enseignant, administrateur et militant infatigable de la cause algérienne, de la cause du peuple et de celle de la femme, dont il n’aura de cesse de dénoncer la double oppression coloniale et sociale.

 

Faut-il rappeler ce Constantine des années 1940 ? Creuset du mouvement national aux repères désormais marqués, s’inscrivant dans un espace communautaire, celui de la cité, dans un axe temporel, celui du progrès dans une idéologie nationaliste et dans une rupture, celle de la violence du 8 Mai 1945.

 

Sitôt retourné au pays, Houhou s’illustre, en aîné des Benhadouga et Ouettar, en publiant le premier roman algérien en langue arabe Ghadat de la Mère des cités , en 1947. Adepte de la forme théâtrale, dont le succès et la portée dans la société algérienne d’alors ne lui échappe point, il fonde en 1949, la troupe théâtrale El Mazher constantinois avec laquelle il montera plusieurs pièces démontrant son talent de dramaturge proche de son peuple.

 

D’un engagement passionné, il signe article sur article dans l’organe de l’Association des uléma El Baçair, dans sa deuxième collection. Si l’écriture romanesque de Houhou se limita à une seule tentative, il n’en fut pas de même pour son genre de prédilection, qu’est la nouvelle, qu’il cultivera avec une verve insatiable au ton railleur, s’inspirant de l’esprit satirique du terroir de cet éternel Djeha, caricaturant, grossissant le trait, dénonçant, s’esclaffant des travers tant du colonialisme que de sa propre société.

 

Avec L’Ane d’El Hakim, faisant pendant à l’œuvre novatrice de Tewfik El Hakim au Moyen-Orient en 1953, L’Inspirée en 1954 et Portraits humains en 1955, il signe en un court laps de temps, l’essentiel d’une œuvre qu’il laissera à la postérité.

 

Il est certain que Houhou aurait pu vivre et écrire, parmi sa fratrie, des plus belles pages de la littérature.

 

Mais que connaît la bêtise coloniale de la fraternité, de la beauté, des mots et de la liberté ?

 

Comme, plus tard, son frère Mouloud Feraoun, il fut enlevé, traîné, supplicié, fusillé séance tenante, sans autre forme de procès, ce 29 mars 1956.

 

Ses lunettes maculées de sang rouge tombèrent sur cette belle terre d’Algérie.

 

Il existe à Constantine un lycée qu’on nommait d’Aumale, où Ferdinand Braudel, l’historien de la Méditerranée, enseigna et où le Maréchal Juin, le vainqueur du fascisme, étudia.

 

Ce lycée, par-dessus l’abîme, s’appelle aujourd’hui Ahmed Rédha Houhou. Sur son fronton, flotte un drapeau vert et blanc, frappé de rouge.

 

Article de : Ahmed BENZELIKHA

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 09:50

SILA - Salon international du livre d'alger algerie - SILA 17

La 17e édition de l’un des évènements culturels les plus importants du pays aura lieu du 20 au 29 septembre prochain à la Safex. Placé sous le slogan, “Mon livre, ma liberté”, le Salon international du livre d’Alger aura pour thème principal “50 ans d’édition en Algérie”.

 

La dix-septième édition du Salon international du livre d’Alger (Sila), un des évènements majeurs de la scène culturelle, placé sous le patronage du président de la République, se tiendra du 20 au 29 septembre 2012 au Palais des expositions Safex (Pins maritimes). 

Le Sila retrouve donc son lieu naturel après une délocalisation, et ce, depuis l’édition de 2009. Cette année, le Sila, qui a un nouveau commissaire en la personne de Hamidou Messaoudi, président-directeur général de l’Enag, installé en avril dernier par la ministre de la Culture, aura pour thème principal “50 ans d’édition en Algérie”, et ce, en raison du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie. Cette occasion très spéciale servira de fil conducteur au Salon du livre qui mettra donc l’Algérie à l’honneur. Dans la même veine, le Sila a pour slogan  “Mon livre, ma liberté”. Un hommage sera rendu à deux figures littéraires, martyrs et voix importantes de la littérature algérienne : Mouloud Feraoun et Ahmed-Reda Houhou. Cet hommage se subdivise en trois parties : des interventions académiques qui seront modérées par l’écrivain Waciny Laredj, une partie témoignage de ceux qui ont côtoyé les deux écrivains, comme par exemple des personnes qui ont connu Mouloud Feraoun dans les Centres sociaux de Germaine Tillion, une troisième partie plutôt esthétique articulée autour d’une exposition de photographies et d’affiches en relation avec les deux auteurs. 

Outre l’espace “Afrique” qui verra la participation d’une bonne quarantaine de pays, un colloque sera organisé, du 27 au 29 septembre, en collaboration avec le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (Cnrpah), et aura pour thème “Littérature et révolution”. 

Concernant les invités, aucun nom n’a encore été dévoilé, sauf celui de  Faiza Guène, José-Alain Franlon et Joseph Macé-Scaron. Nous avons tout de même appris que Michel Onfray et Tzvetan Todorov ont décliné l’invitation en raison de leur indisponibilité pour le mois de septembre. 

Par ailleurs, la nouveauté de cette année est la décentralisation du Sila, comme cela a d’ailleurs été le cas pour le Festival international de la littérature et du livre de jeunesse (Feliv), et ce, depuis 2011. 

Mais contrairement au Feliv, la décentralisation du Sila, aura lieu après la tenue de la 17e édition et non au même moment. L’évènement “Sila dans les wilayas”, une version régionale du Sila, s’inscrit dans le prolongement de la création par Mme Toumi, toujours en avril dernier, d’une nouvelle filiale Enag : Enag Événementiel, qui vise à promouvoir et encourager la lecture à travers l’organisation de foires, d’expositions et de salons nationaux et internationaux. 

Ce projet, qui n’a rien à voir avec la manifestation “Lire en fête”, vise à faire en sorte que le Sila ne soit pas uniquement un évènement algérois.

in Liberté

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 13:06

Torturé et tortueux, Albert Camus a inspiré et intrigué les plus grands intellectuels du siècle. Michel Onfray, philosophe et écrivain français, revient pour El Watan Week-end sur les différentes lectures de l’oeuvre camusienne.

 


1-En dépit de sa phrase malheureuse sur la justice, instrumentalisée par ses adversaires parisiens, les Algériens n’ont pas compris leur présence timide, pour ne pas dire leur absence significative dans les principaux romans L’Etranger et La Peste alors qu’ils constituaient la majorité !  Pourquoi Camus nommait-il «Arabes» ses compatriotes non européens ? «Il ramenait tous les autochtones à l’Arabe, disait l’écrivain algérien Yasmina Khadra, alors que le peuple algérien était composé de Berbères, de Touareg, d’Arabes, de juifs… Il voyait juste l’Arabe. C’était vraiment réduire l’univers de l’autochtone à un personnage imprécis, insaisissable.»


Cette phrase dont vous parlez n’est pas malheureuse, c’est l’interprétation des sartriens qui l’est... Des sartriens et de tous ceux qui n’aimaient pas la liberté de pensée de Camus... Car il faut vouloir mettre toute l’œuvre de Camus à la poubelle, et particulièrement Les Justes, pour ne pas comprendre ce qu’elle dit : s’il affirme qu’entre la justice et sa mère il choisit sa mère, il faut entendre : si la justice a besoin de l’injustice pour s’installer, alors elle n’est pas justice et je ne défends pas cette justice à laquelle je préfère la victime innocente qui pourrait faire les frais de cette justice en se trouvant là où une bombe aura été posée... Il faut lire ou relire Les Justes, toute la pièce témoigne en faveur de cette lecture. Par ailleurs, que les romans de Camus ne mettent pas en scène la majorité démographique du pays ne saurait être retenu contre lui !


Rien n’oblige le romancier, libre de ses sujets et de ses traitements, à faire la sociologie de son pays ! Il n’a pas plus parlé des juifs présents sur le sol algérien depuis plus de mille ans... Il ne me semble pas que ça fasse de lui pour autant un antisémite... De même, s’il parle des «Arabes», ce n’est pas au nom de je ne sais quelle lecture raciale et raciste échafaudée par Edouard Saïd qui n’était pas dans cet exercice de mauvaise foi militante au mieux de sa forme intellectuelle... Camus se contente d‘écrire correctement le français... Je vous renvoie au dictionnaire, Le Robert par exemple : «En français moderne populaire, par suite de la colonisation du Maghreb au XIXe siècle, arabe équivaut à maghrébin»... Quel mot aurait-il dû utiliser pour obtenir la bénédiction des gens qui, de toute façon, ont décidé de le discréditer systématiquement ?


2-«Alger est plutôt italienne. L’état actuel d’Oran a quelque chose d’espagnol. Constantine fait penser à Tolède. Les cités dont je parle sont des villes sans histoire.» Certains critiques accusent Camus de ne pas donner aux Algériens la chance de raconter leur histoire dans ses romans !

Camus n’a pas à se justifier de choisir ses sujets de romans. Ni à les traiter comme il les traite. C’est un procès d’intention que de reprocher à Camus d’avoir écrit les livres qu’il a écrits et de  n’avoir pas écrit les livres qu’il n’a pas écrits. A ce jeu-là, il a tort tout le temps... Il ne faut pas oublier par ailleurs qu’avec Le premier homme, roman inachevé qui aurait probablement eu le volume des gros romans de Tolstoï qu’il admirait, Camus s’était proposé justement de traiter ces questions... Ce qui demeure en dit assez pour qu’on cesse de le calomnier sans cesse avec les méthodes du Tribunal révolutionnaire qu’appréciaient tant Sartre et les siens.


3-«A partir du moment où l’opprimé prend les armes au nom de la justice, il met un pas dans le camp de l’injustice», disait Camus. Que devraient faire les Algériens contre l’ordre colonial ? N’avaient-ils pas tout essayé avant 1954 !

J’aimerais que vous puissiez préciser la nature de ce «tout» qui me paraît bien vague ! Depuis le 8 mai 1945 et la répression de Sétif et Guelma, il est même prouvé que les militants de l’indépendance nationale ont souhaité tout s’interdire qui soit du côté de la paix, de la négociation, de la diplomatie, de l’intelligence, de la raison. Je vous rappelle à cet effet que ce sont les Algériens qui ont choisi la voie de la violence et sont à l’origine du plus grand nombre de morts du côté... algérien !


Dans cet ordre d’idées, Melouza constitue un massacre emblématique : 303 Algériens égorgés et massacrés par leurs compatriotes algériens... Quant à Camus, depuis qu’il eut l’âge d’écrire dans la presse et de publier ses jugements, il a, lui, tout essayé pour lutter contre l’ordre colonial : du soutien au projet Blum-Viollette à la défense de la cause indigène, en passant par la dénonciation des méfaits du régime colonial dans Misère dans la Kabylie ou par la proposition de solutions indigènes, la fédération des douars communes par exemple, sans oublier la célébration du génie dionysiaque de ce pays dès 1937... Mais il n’eut jamais le soutien de ceux qui avaient, dès 1945, choisi de commencer par la violence.


4«Ecrivain et journaliste militant avéré et définitif de l’Algérie française.» Voilà comment il est présenté par des intellectuels algériens dans le texte de la pétition contre la célébration du 50e anniversaire de sa mort en Algérie.

Voilà ce que le parti au pouvoir aura probablement rédigé en demandant à de supposés intellectuels d’apposer leur signature au bas de ce document ! Ce tissu de mensonges ne mérite pas le commentaire, il discrédite tous ceux qui, signant ce texte, se prétendent intellectuels... Sous tous les régimes qui ne supportent pas la liberté, il existe une cour de plumitifs qui vont au-devant des désirs et des souhaits du pouvoir pour en obtenir des avantages. La vie et l’oeuvre de Camus témoignent dans le détail du contraire de ce qu’affirment ces prétendus intellectuels. Un intellectuel pense librement, il se démarque des pouvoirs, il ne sacrifie pas aux légendes et mensonges activés par eux pour légitimer leur présence au sommet de l’Etat. La capacité de résistance aux mythes et aux légendes édictés par les pouvoirs en place, voilà ce qui définit l’intellectuel.


5-N’avait-t-il pas cessé d’être un nietzschéen de gauche en disant «oui» à l’ordre colonial ? Ne voulait-il pas concilier l’esclave et son maître ? L’ordre colonial et l’ordre libertaire ? Que répondez-vous à ceux qui posent ce genre de questions ?

Dire que Camus a dit «oui à l’ordre colonial» est une ineptie, une bêtise, une contrevérité que la pure et simple lecture de son œuvre complète dément... Il faut que ces gens cessent de croire le catéchisme rabâché sur Camus et lisent son œuvre s’ils veulent la juger...


6-On peut difficilement faire parler les morts ; mais s’il était encore vivant, comment vivrait-il l’indépendance de l’Algérie, le retour de l’islam ? En suivant la trace de Camus, comment avez-vous trouvé l’Algérie tant aimée par l’auteur de la Peste ?

Il serait abattu, effrayé, découragé qu’on puisse, un demi-siècle après les évènements, lui faire dire le contraire de ce qu’il a dit ! Qu’on puisse encore tenir ce discours du pouvoir en place à son propos en 2012 renseigne assez sur le travail qui reste à faire à ces prétendus intellectuels pour se libérer de l’esclavage mental qui est le leur... Je ne suis pas bien sûr que cette servitude contemporaine montre que le demi-siècle écoulé ait été employé à bon escient en matière de promotion de l’exercice critique et de l’intelligence !


Pour ma part, j’ai vu dans la rue d’Alger des gens francophiles et francophones qui m’arrêtaient dans la rue et avec lesquels j‘ai pu parler librement. Auprès de ce petit peuple que j’ai aimé immédiatement, je n’ai pas retrouvé le langage de la classe dominante au pouvoir ou le ton de vos imprécations contre Camus. Bien au contraire... J’ai mesuré combien Camus avait raison : il y a un génie du peuple algérien. Mais je ne suis pas sûr que les élites aient envie de célébrer ce génie-là... Et quand je dis que je ne suis pas bien sûr, comprenez qu’il s’agit d’une litote... L’indépendance en Algérie est un combat qui reste à mener..

In El Watan ( Cette interview est réalisée par Hamid Zanaz)

P.S : Le précis des Lettres est un digest de la presse Algérienne. On a pris coutume de signaler le média qui a diffusé l'article repris par nous sans citer le nom du journaliste. Mais Monsieur Zanaz nous a signalé cette anomalie et nous avons corrigé de suite. Dorénavant, les auteurs seront cités en source. Que Hamid Zanaz et tous les journalistes nous excusent de cette malencontreuse maladresse. Chose sûre, il n'était pas dans notre intention de nous approprier le travail de quiconque. cet espace est juste un digest de presse pour aider les étudiants en lettres Algériennes à trouver un minimum de données rassemblées dans un seul espace et un support pédagogique de fortune pour leur épargner des recherches qui coûtent du temps et de l'effort !! Ceci dit, toute contribution directe est la bienvenue !!

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 12:12

 

Cet ouvrage est extraordinaire. Il est à mettre entre toutes les mains et dans toutes les bibliothèques familiales. C’est une sorte de dictionnaire hyper-détaillé. Une rétrospective de la liste des auteurs algériens de langue française, qui ont été publiés durant la période coloniale, plus précisément entre 1833 et 1962.

Par ordre alphabétique, le lecteur découvre la biographie d’une pléthore d’écrivains algériens dont beaucoup ne sont plus de ce monde. Même ceux qui ne sont pas très connus figurent dans ce récapitulatif.

Abdellali Merdaci souligne par ailleurs que certains auteurs manquent à l’appel, faute de documents de leur cru : «Malgré notre volonté d’aller vers une recension systématique et principalement pour les toutes premières productions, il peut y avoir des auteurs non reportés dans ce dictionnaire pour des raisons strictement techniques. A titre d’exemple, Athman Ben Sala — guide et ami d’André Gide, cité par Louis Lecoq —écrivait des poèmes en 1896. Les a-t-il publiés ? On n’en a pas trouvé de traces...

Une dizaine d’auteurs pour le XIXe siècle et une cinquantaine pour le XXe siècle sont dans ce cas.» P9 Les femmes écrivains ne sont pas en reste. En lisant ce livre, vous en saurez davantage sur le parcours de Fadhma Aït Mansour Amrouche, Djamila Amrane, Nadia Gendouz, Malika O’lahsen, Zhor Zerari, Annie Steiner, Djamila Debêche et tant d’autres. Linguiste à l’université Mentouri de Constantine, Abdellali Merdaci a publié de nombreux ouvrages, études et articles de presse sur la littérature algérienne, particulièrement celle qui couvre la période coloniale.

Auteurs algériens de langue française de la période coloniale, Abdellali Merdaci, Chihab Editions, 2010, 311 P.

In Le Soir d'Algérie

 

Note de Précis de " Le precis des Lettres" : Le livre est édité aussi chez l'Harmattan en France 

 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 12:14

el-euldj.jpgBien qu’écrit à la veille du centenaire de la prise d’Alger, l’un des tout premiers romans algériens de langue française, publié à compte d’auteur, prend à contre-pied le simplisme de l’idéologie identitaire des intellectuels autochtones. El Euldj, captif des Barbaresques, quoique primé par la Société des artistes africains, n’entre pas dans le moule imposé par le regard colonial. Ce roman fait le procès du discours assimilationniste. En fait, il inverse les rôles. Bernard Ledieux , chrétien fait prisonnier par les corsaires de la Régence, se convertit à l’Islam pour échapper à sa condition d’esclave. Omar Lediousse, El-Euldj (le renégat), épouse Zineb, la fille de son ancien maître Baba Hadji, mais il trouve des difficultés à s’assimiler ; alors que son fils est devenu muphti. El-Euldj sombre dans la folie. Chukri Khodja renvoie aux Français l’histoire d’un échec.

ANEP

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 23:00

Pour le commander, cliquez sur l'image ci-dessous :

photo 1

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IMGP2906

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 23:03

Cinquante ans après la disparition de l’intellectuel algérien Jean El Mouhoub Amrouche, l’Algérie officielle lui refuse les ors de la république. Des universitaires et des historiens ont appelé pour la énième fois à la réhabilitation de ce brillant militant indépendantiste.


 

Le directeur du TRB, Omar Fatmouche, a insisté lors de l’hommage qui lui a été rendu au théâtre régional de Bejaia sur le devoir de mémoire à l'égard de l'une des «grandes sommités de la littérature et du combat politique ». L’anthropologue Tassadit Yacine a abondé dans le même sens, en évoquant la nécessité de réhabiliter la pensée et l'œuvre de Jean Amrouche, le militant nationaliste. «Il a été mis à l’écart par le pensée unique (…) Revenir sur Amrouche, c’est retrouver la part occultée et niée de l'Histoire et de nous-mêmes », dira l’enseignante-chercheure à l’EHESS-Paris durant la première journée d’un colloque consacré à cette figure du mouvement nationale.

 

Selon elle, la réflexion politique de l‘enfant d’Ighil Ali sur la domination a transcendé même le fait colonial français, en s’inscrivant dans une forme d’universalisme. L’ami d’Abane Ramdane et Ferhat Abbas espéraient, comme certains dirigeants progressistes du FLN,  voir émerger après la fin de la guerre, une patrie plurielle à laquelle il savait qu'il ne pouvait prétendre à une place au panthéon, d’après Mme Tassadit Yacine.

 

L’historien algérien Madjid Merdaci a estimé, pour sa part, que l’engagement de l’intellectuel Amrouche «était chevillé au mouvement  national» et ses prises de positions contre le colonialisme français étaient osées et  risquées. «En tant qu’intellectuel, il était dans l’obligation de s’exprimer sur le destin de son peuple. Sa pensée était d’une grande rigueur », a-t-il précisé. Outre sa dénonciation publique de la colonisation via ses écrits politiques, Amrouche, a ajouté l’historien, était un homme d’action pour avoir été l’intermédiaire officieux entre le général De Gaulle, avec lequel il était proche, et les dirigeants historiques du FLN. Il a rappelé que l’occultation  de  l’apport tant littéraire que politique d’Amrouche s’explique par le caractère aussi violent et qu’autoritaire du régime algérien, post-indépendance qui abhorre les intellectuels, en notant que beaucoup d’entre eux, même de confession musulmane, ont subit le même sort.  Pour M. Merdaci, il est grand temps de « renationaliser Amrouche et le remettre dans l’espace publique ». 

 

Pierre Amrouche, fils de Jean El Mouhoub, est revenu, non sans émotion, sur la vie tourmentée, l’œuvre et le combat politique de son père. «La misère dans laquelle vivaient les algériens le révoltait. Il en était scandalisé aussi par la politique des camps de concentration qu’il qualifiait de génocide », a fait savoir cet éminent expert en art africain, rappelant que la famille Amrouche, en dépit de sa naturalisation française, a subi brimades et humiliations. « Français de seconde zone pour les français et renégats pour les algériens », dira  Pierre Amrouche.  

 

Durant la guerre de libération, le journaliste Amrouche dénonçait, jusqu’à son dernier souffle, dans la grande presse française, les pratiques de la machine coloniale et appelait à la décolonisation de l’Algérie.  «Ses textes dérangeaient beaucoup les politiques français  de l’époque», se souvient son fils. En signe de représailles, il était viré de la radio française par le premier ministre Michel Debré, fervent partisan de l’Algérie française. Et sa belle famille, comme ses amis, lui avaient tourné le dos.

 

Interrogé lors des débats sur les archives de son père, le fils a affirmé avoir proposé de les confier à l’Algérie, mais que sa proposition «était tombée dans un silence total». Pierre Amrouche a par ailleurs déploré qu’aucun hommage officiel n’ait été rendu à son paternel ni en Algérie, encore moins en France.

El Watan

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 20:02

«Touché à mort, mais entraîné et libéré par son épuisante noria, il est, selon son expression, sorti du purgatoire. » En si peu de mots, Réjane Le Baut, docteur es lettre, dit tout de l’itinéraire de Jean El Mouhoub Amrouche (1906-1962), poète et intellectuel d’expression française.

A l’aide de quelques dates et textes écrits par Jean Amrouche, Mme Le Baut a retracé, au cours d’une conférence organisée lundi au Centre diocésain d’Alger, le parcours douloureux d’un homme partagé entre sa foi chrétienne, sa condition d’intellectuel colonisé et ses origines berbères.

La première étape de sa vie, qui s’étale de 1938 jusqu'à 1944, évoque un « Jugurtha, soufrant qui avance masqué». Ses recueils poétiques de jeunesse expriment « la solitude et le désespoir qui révèlent son drame », dit Mme Le Baut qui vient de publier aux Editions du Tell (Blida) un ensemble d’émissions radiophoniques et de conférences inédites données par l’écrivain sous le titre « Lumière sur l'âme berbère d’un homme de la parole : Jean El Mouhoub Amrouche ».

Mal à l’aise dans son alvéole, Amrouche, figure moderne de Jugurtha, son héros éponyme, trouve sa « force » dans un retour salvateur aux sources, en traduisant en français les chants berbères en 1939. A Radio-Tunis, il analyse les rapports entre Orient et Occident et militepour la préservation du patrimoine berbère ignoré ou occulté. Des 1943, qui correspond à la seconde tranche de son parcours, il s’implique dans « un nouveau combat » à Alger puis à Paris dans la revue littéraire l’Arche, crée par son ami André Gide, sous l’ordre du général De Gaulle dont le but était de contrer la propagande de l’autre revue, la NRF collaborationniste du régime nazi. La troisième étape de ce cheminement, selon Mme Le Baut, s’étale de 1944 jusqu’à 1954, durant laquelle Amrouche était hanté par la question des déracinés créée par la colonisation. Sa confiance en la France « mythique » sera ébranlée à tout jamais par les massacres du 8 Mai 1945.

Ses articles de presses et conférences développent progressivement un discours politique qui battait en brèche toute politique d’assimilation entre algériens et français. Après le naufrage de la revue l’Arche, il entame une nouvelle aventure, réalise environ 363 émissions radiophoniques entre octobre 1948 et 1959. A la radio, il inaugure un genre inédit pour l’époque : les Entretiens littéraires avec les grands noms de la littérature française du temps (Gide, Mauriac, Jouhandeau, Claudel).

« Livré à visage découvert », l’ultime combat de Jean Amrouche, selon Mme Le Baut, débute avec la guerre de libération. Il amorce un ultime virage,se tourne tout naturellement vers le général de Gaulle, multiplie les articles, une soixantaine, dans la grande presse française, s’adresse aux politiques et interpelle les intellectuels. «L’autodétermination était son cheval de bataille».

Cet engagement tranché, Jean Amrouche le payera : ses amis se détournent de lui, sa belle-famille d’Alger lui adresse une lettre de rupture pleine de mépris, la radio française l’exclut sur ordre du premier ministre, Michel Debré. Son émission Des Idées et des hommes est supprimée deux semaines plus tard. Il est même menacé par l’OAS en 1961. Il continue malgré les difficultés àplaider de 1958 à 1961 la cause algérienne sur les ondes de Radio suisse, Lausanne et Genève. Jusqu'à denier moment, Il fera office d’auto-émissaire officieux entre de Gaule et les instances du GPRA. « Par sa dualité, il était tenu pour suspect par chacune des parties», estime l’universitaire, ajoutant qu’Amrouche était « sans illusion » sur son avenir personnel tant en France qu’en Algérie. « Analyste politique très réaliste, Il avait compris que le ciment du futur État algérien serait pour longtemps la langue arabe et la religion musulmane. Chrétien et français, il n’avait pas sa place », explique-t-elle.

Cinquante ans après sa disparition, en avril 1962, Amrouche est frappé d’ostracisme en Algérie et inconnu en France. Mme Le Baut insiste sur le devoir « de justice et vérité », nécessaires pour sa réhabilitation dans le panthéon de lettres et de l’histoire de son pays. Selon elle, Jean Amrouche est toujours actuel : « L’aura de sa personne, de son action et de son œuvre nous invitent à nous réfléchir au destin de ces milliers d’humiliés et d’exilés, assignés à une seule identité génétique alors qu’ils sont multiples et porteurs de valeurs ignorées ouméprisées. »

El watan

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 08:46

 

Itinéraires interdits, récit bouleversant de notre collègue Chreddine Berriah, journaliste (52 ans), sur la question des migrants clandestins, est sorti hier en France aux éditions Le chasseur abstrait (collection Lettres Terres). À l’origine le récit devait s’intituler « Sans ordre mission » et été attendu en 2008.

 

 

Le récit s’ouvre sur un événement tragique : l’assassinat de Aissa le Borgne, alors qu’il tentait de franchir l’ultime rempart le séparant de la terre promise, et se développe autour des faiblesses, des abandons et des déchéances de l’être humain dans sa traversée clandestine. 

 

 

 

« Une balle retentit de nulle part et mit douloureusement à terre Aïssa le Borgne (….) Du haut du mur en fer qui s’élevait continuellement vers le ciel grisâtre, Maria exécutait discrètement le signe de la croix (…) Subitement, le ciel s’assombrit puis déféqua brutalement une pluie ravageuse. Un pet sonore ébranla les fesses squelettiques d’Aïssa qui, dans un ultime râle, rendit l’âme, un sourire sournois sur ses lèvres tuméfiées. Le Borgne ne pouvait rendre meilleur hommage à une civilisation qui venait de l’accueillir dans une sépulture sans épitaphe. »

 

 

Mêlant fiction et réalité, fol espoir d’une vie meilleure et folie des hommes, cet opus (110 pages) retrace l’expérience vécue par notre collègue au contact des communautés subsahariennes massées le long de l'Oued Jorgi, célèbre camp d’apatrides situé à 4 Kilomètres de Maghnia, sa ville natale, aux frontières algéro-marocaines.

 

Pour quelques uns, la route va s’arrêter à Oued Jorji, un nom’s land disposant de son propre Souk, érigé au milieu de taudis crasseux séparés par l’Avenue Montrou. Ils s’y installent, font des affaires- parfois louches-, entrent dans le réseau des passeurs, pour quelques temps. Si l’occasion se présente, ils peuvent aussi tenter de passer en Europe.

 

Pour tous, l’objectif est d’atteindre le vieux continent, en premier l’Espagne par le Maroc : ils prennent la route de Nador, vont jusqu’à Bénissar et de là traversent à la nage (300 à 400m), pour atteindre l’enclave espagnole de Mélilla.

 

 

Dans Itinéraires interdits, qu’il a mis une année à écrire, d’une manière irrégulière, Berriah nous raconte comment son destin a changé de trajectoire suite à un reportage sur les migrants clandestins du Mali. Alourdi de ses bagages – en fait, des à-priori, des stéréotypes et autres conjectures – il emprunte, dès le départ, des chemins détournés pour arriver à destination.

 

« Je me souviens encore de ce jour », dit-il. C’est l’amour, l’humour et la mort qu’il va trouver. C’est aussi son identité d’Africain.

 

C’est, pour lui, le chétif au tient basané, le début d’une histoire invraisemblable, intimiste, que nous font découvrir Camara le Bossu, malien musulman, Eva, l’éthiopienne falacha, et Abdoullay le camerounais.

 

Tous ont fui leurs gouvernants, la misère, les guerres ethniques et les injustices d’un continent faussement solidaire. Une plèbe ne jurant que par le départ….vers le nord, aussi loin que possible. Tout au long de la lecture, au fil des pages, l’humour caustique de l’auteur se fond dans les entrailles nauséabondes du camp Jorgi où violence, haine et discrimination intra-communautaire écrasent des être déjà fortement désemparés.

 

La mort cruelle de Camara, tué par des nigériens pour avoir rouspété devant le spectacle d’une femme nue, marque une fracture entre communautés et précipite le départ de ceux qui constituent la minorité.

 

Commence alors un voyage vers l’inconnu avec comme compagnons de route Maria la Béninoise et Aïssa le Borgne. Puis, la traversée tumultueuse des territoires de l’est marocain, à destination de Melilia. Ce voyage, pour « Partir», Berriah va le vivre de l’intérieur. « Depuis ce jour, dit-il en avant propos, je me vois noir avec un cœur blanc. Depuis ce jour, j’ai enfourché mon destin vers l’inconnu… » Chahreddine invite, à travers ce récit poignant, le lecteur à prendre conscience de l’extrême détresse qu’éprouvent des milliers de déracinés en quête de liberté et de justice.

 

Une détresse encore d’actualité. En somme, un récit haut en couleurs, court et qui se lit goulûment…. L’ouvrage sera disponible prochainement en Algérie. Une fois passé entre ses mains, l’auteur prévoit d’organiser une offre dédicace à…. l'Oued Jorgi. 

in El Watan

 

 

 

Itinéraires interdits, édition Le chasseur abstrait (collection

Lettres Terres). Mars 2012 (110 pages). Prix 14 euros

 

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