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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 17:00

Alger la blanche… La blanche Casbah de jadis… avec ses magnifiques labyrinthes dans lesquels on se perd facilement, impossible pour un novice de trouver une issue sans être guidé… tout seul il sera perdu ! Comme une belle femme, dont l’accès à son cœur est verrouillé, les labyrinthes de l’ancienne Casbah se présentent comme des énigmes dissimulant tant d’histoires.

En se faufilant à l’intérieur de la Casbah d’Alger, s’ouvrent devant les yeux de l’arpenteur ses vieux murs, ses longs escaliers, ses allées étroites, un vieux palais dont il ne reste que des ruines ! Certains racontaient qu’il portait le nom de « Dar Es-Sultan » (la maison ou le palais du sultan)… autrefois ces épaves abritaient tout au long de sa muraille de longues branches sur lesquelles étaient accrochées des fleurs de jasmins… remplacées aujourd’hui par de tas d’ordures ! À travers ces ruelles étroites sentait l’odeur titillante d’un café turc mélangé avec quelques gouttes de l’eau d’oranger… En se perdant dans d’autres quartiers de la Casbah d’Alger, l’arpenteur pourrait se retrouver en face d’une vieille fontaine appelée Aïn Sidi-Hassan ou la Fontaine de Sidi-Hassan… Pour seule décoration, figure une bande portant l’inscription : Wa la ghâliba ila Allah (Seul Dieu est vainqueur). Certains disaient aussi que la fontaine devait remonter aux Almoravides, à l’époque de Youssef Ibn Tachfin.

Nous sommes en mai 1830, à Alger, le Dey Hussein reçoit une missive l’informant que la France avait décidé d’attaquer El Mahroussa (Alger)… « Les nouvelles étaient mauvaises, Charles X a pris la décision ferme d’attaquer Alger, De Bourmont et Dupperé à la tête d’une armée de plus de soixante-dix mille hommes s’approchaient, Hussein Dey était, lui, trop sûr des capacités de la Régence à non seulement repousser l’attaque mais aussi à infliger une cuisante défaite aux français ».

Le Bey Ahmed, n’était pas du tout de l’avis du Dey Hussein, il « (…) savait, lui, que l’Algérie était à la veille de grands bouleversements et ne partageait nullement l’optimisme du Dey Hussein, qui, malgré sa dévotion, ou peut-être à cause d’elle ne voyait pas les nuages s’amonceler à l’horizon d’Alger », mais comme le Dey, voulant « contrecarrer cette maudite expédition française, qui mettait à si rude épreuve la Régente algérienne, laquelle avait pourtant résisté à tant d’autres par le passé ». Le mausolée de Sidi-Abderrahmane n’était pas loin, pour le Bey, il fallait peut-être s’y rendre et prier surtout… prier fort… très fort…

C’est à travers ce nouveau roman de Ahmed Benzelikha, intitulé La fontaine de Sidi-Hassan, paru chez les éditions Casbah Alger, nous dépeint l’atmosphère fébrile qui régnait à l’époque dans la ville d’Alger « du départ de la flotte française de Toulon à destination d’Alger », … tout le monde répétait que « l’incendie de l’éventail » n’était qu’une excuse infantile pour envahir Alger. En fait, tout le monde savait très-bien qu’après la défaite de la bataille de Navarrine en 1827, la position de la flotte algérienne en Méditerranée s’était affaiblie… Si Raïs Hamidou ou Kheireddine et son frère Arroudj Barbarousse étaient encore en vie, la situation aurait pu être autrement, ne cessaient de répéter les Algérois… Oui.. mais… c’était une autre époque…

En réalité, l’auteur Ahmed Benzelikha nous présente une histoire d’amour, outre qu’elle soit historique… C’est l’histoire de deux belles femmes (une femme concrète, une autre abstraite) : Hasna la fille du grand notable kabyle Da Mohand, et « El Mahroussa », la cité d’Alger, la femme abstraite personnifiée en la capitale et sa magnifique Casbah.

Les deux personnages féminins (Hasna et la cité d’Alger) portent l’amour de toute une époque, un amour envers cette terre que les habitants tenaient une relation si intime si forte, une symbiose d’un amour infini et qui seraient prêts pour la défendre quitte à perdre leur propre vie. L’amour de Hasna aussi pour Alger, et notamment la Casbah d’Alger, non loin elle peut apercevoir la Qalaa des Banu-Hamad… « (une) ville forteresse bâtie il y a plus de huit siècles par le petit-fils du fondateur même d’Alger, un signe du destin, Hamad ibn Bologhine rejoignit ainsi à travers l’Arbre béni, son grand-père Ziri dans la même résistance aux dangers qui guettaient la Cité-mère ».

Le cœur de Hasna battait aussi pour Mourad, un bel homme brun qui fait chavirer son cœur à mille palpitations, il habite son cœur mais aussi sa tête et tout son être. « Quel homme que Mourad ! Il alliait à la bravoure l’intelligence, il conjuguait le cœur à la raison, il manifestait tant la foi la plus profonde que la sensualité la plus charnelle, il était à la fois force et douceur. Il était son homme. Elle était sa femme. Il l’appelait Fatma, elle le surnommait Al-Habib. Ils étaient tous deux passionnés de la poésie d’Al-Habib Ben Ganoun, ce magnifique poète d’amour originaire de Mascara, qui a voué sa vie et ses plus beaux vers à sa bien-aimée Fatma. Hasna sourit en se souvenant du premier poème que lui avait écrit son fiancé. Elle conservait précieusement le beau parchemin qu’il lui avait offert, avec ces bijoux sertis de corail rouge d’El-Kala ».

Da Mohand était très respecté dans la région et par le Bey et par le Dey, les gens l’aimaient beaucoup car il réussissait toujours à régler leurs conflits sans envenimer les choses, les empêchant ainsi d’avoir des démêlés avec la justice turque. Da Mohand chérissait énormément sa fille unique Hasna, en même temps il sentait au fond de lui une certaine peur et inquiétude inexplicables, bien qu’elle soit promue au jeune Mourad. Possible que la menace des Français sur le sol algérien le rend dans cette situation, ses sentiments se mêlent entre la peur et l’incertitude… le sentiment de la fin d’une époque…

« C’était, on le sentait, la fin d’une époque, une fin que tout le monde devinait violente, tout en s’accrochant à l’espoir de l’éviter, de préserver un quotidien, de sauver un présent, de garantir un avenir. Partout, les gens ne parlaient plus que de la guerre. On la sentait se rapprocher, voguant sur les eaux impétueuses. Allait-elle se briser sur les rochers, comme se brisent les vagues sur la jetée construite par le valeureux Kheireddine ou bien, au contraire, déferler sur la contrée, emportant tout sur son passage ? Nul ne le savait ! L’avenir appartenait à Dieu ! ».

Mais le cœur d’un père ne se trompe jamais ou plutôt rarement car un homme riche au nom de Si Amar s’est entretenu avec Da Mohand pour demander la main de sa fille Hasna même s’il sait d’avance qu’elle est fiancée avec un autre homme mais cela ne l’a pas empêché de proposer à Da Mohand de le rallier à ses affaires de fortune s’il épouse Hasna. Da Mohand qui trouve l’attitude son hôte complètement indigne et insultante s’énerve et rejette sa demande : « Je vous disais bien que vous vous écartiez du droit chemin. Non seulement vous vous permettez de demander la main déjà accordée d’une femme et de surcroît vous venez me proposer la réussite, comme vous dites, contre le mariage de ma fille ! Qui veut dit que j’envie votre réussite ? Je n’en veux pas ! ». Tout menaçant, Si Amar lui fait comprendre ses intentions les plus noirâtres : « Je crois que je me suis mal fait comprendre jusque là, c’est pourquoi je vous propose un autre marché, mon cher futur beau-père, j’épouse votre fille… ! Ou je vous livre vous et tous vos amis conspirateurs (…) aux Turcs qui se feront un plaisir de vous emmurer vivants, après vous avoir fait subir les pires tortures (…) Pensez à votre fille ! Sinon elle n’épousera personne, ce n’est à mes yeux qu’une pauvre femelle que je me ferai un plaisir de l’égorger comme on égorge une brebis, non sans l’avoir auparavant déshonorée, moi et dix nègres, vieux fou ! ».

Hasna qui ne se doutait de rien, fait un mauvais rêve… « Elle se voyait marchant sur une route sinueuse en fin de journée, quand, brusquement, un gros chien tacheté et difforme lui barra le chemin. Il aboyait fort tout en montrant ses crocs »… Hasna se réveille brusquement de son cauchemar, il y a comme une sorte de psychose qui régnait au tour d’elle… peut-être Alger serait en danger !

Il est vrai que la situation soit grave, « les Français devraient bientôt être en vue de la côte algérienne. Le Dey avait instruit les principaux dignitaires de la Régence en vue de mobiliser toutes les forces dont ils disposaient. Les contingents régionaux étaient en route, venant renforcer les régiments d’Alger. La confrontation semblait inévitable ». Ahmed Bey est très inquiet, il veut s’opposer à la stratégie de Dey Hussein, pour lui il faut absolument laisser les portes de la ville d’Alger fermées, et affronter la flotte française sur les côtes de la mer méditerranéenne. Ahmed Bey sent que cette fois-ci que la menace est d’un autre genre, il souhaite mémoriser tout de la Mahroussa qu’il aime tant.

Les craintes de Ahmed Bey se confirmaient, un soldat l’avait informé de la présence de « trois escadres (…) l’une pour les combats, la seconde de débarquement et la troisième serait de réserve, telles sont les forces qui mouillent actuellement à Sidi-Fredj (…) Le Bey serra les mâchoires, se demandant s’il ne fallait pas désobéir aux ordres du Dey, maintenant que sa stratégie commençait déjà à montrer ses limites, avec le choix de la côte ouest par les Français, alors que Hussein et son gendre l’Agha Ibrahim avaient tablé sur un débarquement des Français sur la côte est, le quartier général des défenses algériennes avait même été établi à Bordj El Harrach ».

Avec ce malheureux dessin, tous les valeureux habitants devraient se joindre à côté de l’armée inkicharia et défendre bec et âme la cité d’Alger. Mourad, le fiancé de Hasna décide de se joindre à côté des défenseurs, « le cœur déchiré », il allait devoir quitter Hasna « pour, peut-être, ne jamais revenir mais il fallait qu’il fasse son devoir car si chacun se défilait, qui donc, demain, empêcherait l’envahisseur de s’en prendre à chaque Hasna d’un pays dont les Mourad, à l’instar de Boabdil, pleureraient comme des femmes, ce qu’ils n’ont pas su défendre comme des hommes ? »
Alger est menacée par le saccage des Français…
Hasna est menacée (sans le savoir) par les dessins noirs de Si Amar…
Des cris retentissaient de partout…
Si Amar réussit à pénétrer à l’intérieur de la demeure de Hasna via un passage secret…
Les Français débarquent sur les côtes de Sidi-Fredj…
Alger est en danger !
Hasna est en danger !

Nous sommes le 14 juin 1830, c’est le commencement d’un long périple d’affrontement qui va durer 132 ans !

In Afric.com

La fontaine de Sidi-Hassan, une oeuvre palpitante d'Ahmed Benzelikha

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Published by Moussa Tertag - dans Belles feuilles
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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 11:48

Albert Camus et Jean El Mouhoub Amrouche sont deux personnages emblématiques de la littérature universelle. Plusieurs écrits leur ont été consacrés depuis leurs disparitions. Rejane et Pierre Le Baut sont deux auteurs qui se sont penchés un tant soit peu sur leurs rencontres et leurs destins respectifs à travers un ouvrage intitulé Amrouche – Camus : des chemins qui s’écartent. Deux Algéries incompatibles. Textes à l’appui...», édité par les éditions Casbah à l’occasion de la 19e édition du Salon international du livre d’Alger.

Pour les auteurs, Jean El Mouhoub Amrouche et Albert Camus «furent aussi proches et aussi étrangers l’un à l’autre qu’il était possible en situation coloniale». Pierre Lebaut explique à notre gouverne que la genèse de cet ouvrage fait suite à un constat bien amer. Ces derniers mois, en France, les feux de l’actualité littéraire se sont centrés sur Albert Camus, le titulaire du prestigieux prix Nobel de littérature en 1957. «Il fut même question de le faire entrer au Panthéon, mais sans que soit jamais fait allusion à sa position durant la guerre d’Algérie.

Nous avons pensé que les très nombreux documents recueillis, ma femme et moi, depuis des années, nous permettraient de présenter deux personnages emblématiques du drame algérien, l’un “indigène” et l’autre “pied-noir”, Amrouche et Camus, deux intellectuels qui s’étaient fréquentés une vingtaine d’années, devenus presque des amis, avaient eu les mêmes admirations littéraires. Entre autres la philosophe Simone Weil — dont Camus fut l’éditeur — elle qui avait dénoncé, dès 1938, les tentations de la colonisation, dont la première était de ‘‘préférer son pays à la justice’’ », éclaire-t-il. Et d’ajouter : «Dès 1945 et surtout quand le conflit éclata en 1954, Amrouche sacrifia sa vie et sa carrière littéraire à la justice pour les siens qui, pour lui, passait nécessairement par l’indépendance.

Quant à Camus, qui avait écrit des articles percutants, en 1939, sur la misère dont pâtissait le peuple  algérien, il refusa d’adhérer au Comité des intellectuels contre la poursuite de la guerre en Afrique du Nord. Ce comité organisa un meeting à la salle Wagram à Paris le 27 janvier 1956 : Amrouche y prit la parole sur un ton dramatique. Camus avait lancé huit jours auparavant à Alger, le 22 janvier, son Appel à la trêve civile. Il ne s’agissait encore pour lui que d’un problème humanitaire, mais il n’admettait toujours pas la nécessité de l’indépendance à un moment où, dans le monde, tous les empires coloniaux se défaisaient.

Au contraire, pour Amrouche, c’était, depuis de longues années, un problème avant tout ontologique, terme qui revient souvent sous sa plume». Ces deux spécialistes de Albert Camus et Jean El Mahboub Amrouche se sont attelés à suivre une chronologie rigoureuse qu’ils ont voulu respecter comme explicative de leurs évolutions : «nous avons montré que leurs chemins s’étaient écartés. Aurait-il pu en être autrement ? Oui, sans doute, car d’autres enfants de la colonisation ont su se joindre à cette lutte pour la reconnaissance d’une Patrie Algérie.

Nous avons voulu éclairer deux chemins emblématiques, symboliques de la marche de l’Histoire, et, pièces du dossier en main, faire progresser la vérité. La qualité littéraire de l’un et l’autre protagoniste n’est pas mise en doute. Mais il y a un au-delà de la littérature. L’âme d’un peuple existe, et Jean El-Mouhoub Amrouche, écrivain français, mais aussi indivisément Algérien “universel” comme le définira Mohammed Dib, en a été le héraut».  En somme, Camus-Amrouche, des chemins qui s’écartent est un ouvrage de référence indispensables aussi bien pour les étudiants que pour les universitaires et les chercheurs.

Nacima Chabani, El watan

 

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 17:05

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 21:14

La 17eme édition du Salon International du Livre d'Alger ouvrira ses portes le 20 septembre à la SAFEX. Sous le slogan " Le livre vecteur de libération ", cette nouvelle édition rendra hommage à deux écrivains Algériens, Mouloud Féraoun et Ahmed Rédha Houhou tombés, tous les deux sous les balles de l'occupant français. Le premier est auteur d'expression francophone et l'autre écrivain d'expression arabophone. Si Mouloud Féraoun est très connu du public lecteur de littérature, l'autre est plus connu des initiés de la littérature Algérienne d'expression arabophone. Et là encore ! Alors qui est Rédha Ahmed Houhou ?

Pour porter un éclairage sur cet homme de grande valeur, Le précis des Lettres vous propose cette biographie trouvée sur le net et écrite par le journaliste et intellectuel Ahmed Benzelikha :

 

Ahmed Rédha Houhou, père du roman algérien en langue arabe, écrivain à la verve satirique, pleinement engagé dans le combat pour l’émancipation de sa société et la liberté de son peuple, intellectuel bilingue, d’une formation singulière, tant à l’école de Jules Ferry, qu’à l’Ecole des sciences légales de Médine d’Ahmed Fayed Abadi.

 

Natif de Sidi Okba, il vit le jour en 1911 dans cette belle palmeraie où repose l’apôtre de l’Islam maghrébin, Okba Ibn Nafaâ, qui porta haut l’étendard de Dieu, jusqu’aux bords de l’Atlantique.

 

D’un milieu aisé, il eut une enfance heureuse et put poursuivre ses études jusqu’au certificat d’études qui lui ouvrit les portes de l’administration des postes.

 

Peut-être que Houhou, aurait pu mener la tranquille existence d’un employé des postes, dans une sous-préfecture coloniale. Mais il était écrit qu’un tournant allait donner à sa vie un tout autre sens.

 

En effet, sa famille décida de s’établir à… Médine. L’antique Yathrib fut, bien sûr, à la hauteur de sa prestigieuse hospitalité. C’est là où le jeune algérien eut à fréquenter l’Ecole des sciences légales de Médine, où il obtint les diplômes nécessaires pour y exercer les fonctions d’enseignant, aux côtés de noms illustres du charaâ et du fiqh.

 

Un tel apanage était rare pour un Maghrébin des années 1930 et n’en souligne que plus le mérite de Houhou. Houhou qui, démentant le stéréotype du « faqih » sombre et revêche qui, plus tard, fera florès, signe de nombreux articles dans la presse locale, à l’instar d’El Menhel ou Saout El Hidjaz, qu’il contribue à enrichir grâce à sa connaissance de la culture française.

 

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, il poursuit l’aventure des mots en écrivant plusieurs nouvelles, renouvelant ainsi le genre narratif arabe. Il s’inscrit en cela comme l’un des précurseurs de la littérature romanesque arabe, affirmant ses idées novatrices dans un article critique demeuré célèbre, intitulé « La littérature arabe va-t-elle à l’extinction ? ».

 

Sa contribution et sa renommée furent telles, qu’on le surnomma « le pionnier du récit en Arabie », allant jusqu’à le faire figurer jusqu’à aujourd’hui comme écrivain saoudien, dans l’Encyclopédie de la littérature saoudienne.

 

Peut-être que Houhou aurait pu mener la confortable existence d’un « adib » saoudien bien établi et vivre longtemps entouré de soins et d’attention.Mais il était écrit, qu’Algérien, il ne pouvait que répondre à l’appel de celle-ci, au lendemain des massacres du 8 Mai 1945, Ahmed Rédha Houhou revient au pays et s’établit à Constantine.

 

Constantine, où l’Association des uléma, présidée par cette vive intelligence que fut El Ibrahimi, lui ouvrit naturellement ses portes. Comment pouvait-il en être autrement à la confluence de l’héritage de lutte pour l’émancipation sociale et le renouveau religieux, laissés en legs par Ibn Badis ? Ahmed Rédha Houhou sera enseignant, administrateur et militant infatigable de la cause algérienne, de la cause du peuple et de celle de la femme, dont il n’aura de cesse de dénoncer la double oppression coloniale et sociale.

 

Faut-il rappeler ce Constantine des années 1940 ? Creuset du mouvement national aux repères désormais marqués, s’inscrivant dans un espace communautaire, celui de la cité, dans un axe temporel, celui du progrès dans une idéologie nationaliste et dans une rupture, celle de la violence du 8 Mai 1945.

 

Sitôt retourné au pays, Houhou s’illustre, en aîné des Benhadouga et Ouettar, en publiant le premier roman algérien en langue arabe Ghadat de la Mère des cités , en 1947. Adepte de la forme théâtrale, dont le succès et la portée dans la société algérienne d’alors ne lui échappe point, il fonde en 1949, la troupe théâtrale El Mazher constantinois avec laquelle il montera plusieurs pièces démontrant son talent de dramaturge proche de son peuple.

 

D’un engagement passionné, il signe article sur article dans l’organe de l’Association des uléma El Baçair, dans sa deuxième collection. Si l’écriture romanesque de Houhou se limita à une seule tentative, il n’en fut pas de même pour son genre de prédilection, qu’est la nouvelle, qu’il cultivera avec une verve insatiable au ton railleur, s’inspirant de l’esprit satirique du terroir de cet éternel Djeha, caricaturant, grossissant le trait, dénonçant, s’esclaffant des travers tant du colonialisme que de sa propre société.

 

Avec L’Ane d’El Hakim, faisant pendant à l’œuvre novatrice de Tewfik El Hakim au Moyen-Orient en 1953, L’Inspirée en 1954 et Portraits humains en 1955, il signe en un court laps de temps, l’essentiel d’une œuvre qu’il laissera à la postérité.

 

Il est certain que Houhou aurait pu vivre et écrire, parmi sa fratrie, des plus belles pages de la littérature.

 

Mais que connaît la bêtise coloniale de la fraternité, de la beauté, des mots et de la liberté ?

 

Comme, plus tard, son frère Mouloud Feraoun, il fut enlevé, traîné, supplicié, fusillé séance tenante, sans autre forme de procès, ce 29 mars 1956.

 

Ses lunettes maculées de sang rouge tombèrent sur cette belle terre d’Algérie.

 

Il existe à Constantine un lycée qu’on nommait d’Aumale, où Ferdinand Braudel, l’historien de la Méditerranée, enseigna et où le Maréchal Juin, le vainqueur du fascisme, étudia.

 

Ce lycée, par-dessus l’abîme, s’appelle aujourd’hui Ahmed Rédha Houhou. Sur son fronton, flotte un drapeau vert et blanc, frappé de rouge.

 

Article de : Ahmed BENZELIKHA

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 09:50

SILA - Salon international du livre d'alger algerie - SILA 17

La 17e édition de l’un des évènements culturels les plus importants du pays aura lieu du 20 au 29 septembre prochain à la Safex. Placé sous le slogan, “Mon livre, ma liberté”, le Salon international du livre d’Alger aura pour thème principal “50 ans d’édition en Algérie”.

 

La dix-septième édition du Salon international du livre d’Alger (Sila), un des évènements majeurs de la scène culturelle, placé sous le patronage du président de la République, se tiendra du 20 au 29 septembre 2012 au Palais des expositions Safex (Pins maritimes). 

Le Sila retrouve donc son lieu naturel après une délocalisation, et ce, depuis l’édition de 2009. Cette année, le Sila, qui a un nouveau commissaire en la personne de Hamidou Messaoudi, président-directeur général de l’Enag, installé en avril dernier par la ministre de la Culture, aura pour thème principal “50 ans d’édition en Algérie”, et ce, en raison du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie. Cette occasion très spéciale servira de fil conducteur au Salon du livre qui mettra donc l’Algérie à l’honneur. Dans la même veine, le Sila a pour slogan  “Mon livre, ma liberté”. Un hommage sera rendu à deux figures littéraires, martyrs et voix importantes de la littérature algérienne : Mouloud Feraoun et Ahmed-Reda Houhou. Cet hommage se subdivise en trois parties : des interventions académiques qui seront modérées par l’écrivain Waciny Laredj, une partie témoignage de ceux qui ont côtoyé les deux écrivains, comme par exemple des personnes qui ont connu Mouloud Feraoun dans les Centres sociaux de Germaine Tillion, une troisième partie plutôt esthétique articulée autour d’une exposition de photographies et d’affiches en relation avec les deux auteurs. 

Outre l’espace “Afrique” qui verra la participation d’une bonne quarantaine de pays, un colloque sera organisé, du 27 au 29 septembre, en collaboration avec le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (Cnrpah), et aura pour thème “Littérature et révolution”. 

Concernant les invités, aucun nom n’a encore été dévoilé, sauf celui de  Faiza Guène, José-Alain Franlon et Joseph Macé-Scaron. Nous avons tout de même appris que Michel Onfray et Tzvetan Todorov ont décliné l’invitation en raison de leur indisponibilité pour le mois de septembre. 

Par ailleurs, la nouveauté de cette année est la décentralisation du Sila, comme cela a d’ailleurs été le cas pour le Festival international de la littérature et du livre de jeunesse (Feliv), et ce, depuis 2011. 

Mais contrairement au Feliv, la décentralisation du Sila, aura lieu après la tenue de la 17e édition et non au même moment. L’évènement “Sila dans les wilayas”, une version régionale du Sila, s’inscrit dans le prolongement de la création par Mme Toumi, toujours en avril dernier, d’une nouvelle filiale Enag : Enag Événementiel, qui vise à promouvoir et encourager la lecture à travers l’organisation de foires, d’expositions et de salons nationaux et internationaux. 

Ce projet, qui n’a rien à voir avec la manifestation “Lire en fête”, vise à faire en sorte que le Sila ne soit pas uniquement un évènement algérois.

in Liberté

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 13:06

Torturé et tortueux, Albert Camus a inspiré et intrigué les plus grands intellectuels du siècle. Michel Onfray, philosophe et écrivain français, revient pour El Watan Week-end sur les différentes lectures de l’oeuvre camusienne.

 


1-En dépit de sa phrase malheureuse sur la justice, instrumentalisée par ses adversaires parisiens, les Algériens n’ont pas compris leur présence timide, pour ne pas dire leur absence significative dans les principaux romans L’Etranger et La Peste alors qu’ils constituaient la majorité !  Pourquoi Camus nommait-il «Arabes» ses compatriotes non européens ? «Il ramenait tous les autochtones à l’Arabe, disait l’écrivain algérien Yasmina Khadra, alors que le peuple algérien était composé de Berbères, de Touareg, d’Arabes, de juifs… Il voyait juste l’Arabe. C’était vraiment réduire l’univers de l’autochtone à un personnage imprécis, insaisissable.»


Cette phrase dont vous parlez n’est pas malheureuse, c’est l’interprétation des sartriens qui l’est... Des sartriens et de tous ceux qui n’aimaient pas la liberté de pensée de Camus... Car il faut vouloir mettre toute l’œuvre de Camus à la poubelle, et particulièrement Les Justes, pour ne pas comprendre ce qu’elle dit : s’il affirme qu’entre la justice et sa mère il choisit sa mère, il faut entendre : si la justice a besoin de l’injustice pour s’installer, alors elle n’est pas justice et je ne défends pas cette justice à laquelle je préfère la victime innocente qui pourrait faire les frais de cette justice en se trouvant là où une bombe aura été posée... Il faut lire ou relire Les Justes, toute la pièce témoigne en faveur de cette lecture. Par ailleurs, que les romans de Camus ne mettent pas en scène la majorité démographique du pays ne saurait être retenu contre lui !


Rien n’oblige le romancier, libre de ses sujets et de ses traitements, à faire la sociologie de son pays ! Il n’a pas plus parlé des juifs présents sur le sol algérien depuis plus de mille ans... Il ne me semble pas que ça fasse de lui pour autant un antisémite... De même, s’il parle des «Arabes», ce n’est pas au nom de je ne sais quelle lecture raciale et raciste échafaudée par Edouard Saïd qui n’était pas dans cet exercice de mauvaise foi militante au mieux de sa forme intellectuelle... Camus se contente d‘écrire correctement le français... Je vous renvoie au dictionnaire, Le Robert par exemple : «En français moderne populaire, par suite de la colonisation du Maghreb au XIXe siècle, arabe équivaut à maghrébin»... Quel mot aurait-il dû utiliser pour obtenir la bénédiction des gens qui, de toute façon, ont décidé de le discréditer systématiquement ?


2-«Alger est plutôt italienne. L’état actuel d’Oran a quelque chose d’espagnol. Constantine fait penser à Tolède. Les cités dont je parle sont des villes sans histoire.» Certains critiques accusent Camus de ne pas donner aux Algériens la chance de raconter leur histoire dans ses romans !

Camus n’a pas à se justifier de choisir ses sujets de romans. Ni à les traiter comme il les traite. C’est un procès d’intention que de reprocher à Camus d’avoir écrit les livres qu’il a écrits et de  n’avoir pas écrit les livres qu’il n’a pas écrits. A ce jeu-là, il a tort tout le temps... Il ne faut pas oublier par ailleurs qu’avec Le premier homme, roman inachevé qui aurait probablement eu le volume des gros romans de Tolstoï qu’il admirait, Camus s’était proposé justement de traiter ces questions... Ce qui demeure en dit assez pour qu’on cesse de le calomnier sans cesse avec les méthodes du Tribunal révolutionnaire qu’appréciaient tant Sartre et les siens.


3-«A partir du moment où l’opprimé prend les armes au nom de la justice, il met un pas dans le camp de l’injustice», disait Camus. Que devraient faire les Algériens contre l’ordre colonial ? N’avaient-ils pas tout essayé avant 1954 !

J’aimerais que vous puissiez préciser la nature de ce «tout» qui me paraît bien vague ! Depuis le 8 mai 1945 et la répression de Sétif et Guelma, il est même prouvé que les militants de l’indépendance nationale ont souhaité tout s’interdire qui soit du côté de la paix, de la négociation, de la diplomatie, de l’intelligence, de la raison. Je vous rappelle à cet effet que ce sont les Algériens qui ont choisi la voie de la violence et sont à l’origine du plus grand nombre de morts du côté... algérien !


Dans cet ordre d’idées, Melouza constitue un massacre emblématique : 303 Algériens égorgés et massacrés par leurs compatriotes algériens... Quant à Camus, depuis qu’il eut l’âge d’écrire dans la presse et de publier ses jugements, il a, lui, tout essayé pour lutter contre l’ordre colonial : du soutien au projet Blum-Viollette à la défense de la cause indigène, en passant par la dénonciation des méfaits du régime colonial dans Misère dans la Kabylie ou par la proposition de solutions indigènes, la fédération des douars communes par exemple, sans oublier la célébration du génie dionysiaque de ce pays dès 1937... Mais il n’eut jamais le soutien de ceux qui avaient, dès 1945, choisi de commencer par la violence.


4«Ecrivain et journaliste militant avéré et définitif de l’Algérie française.» Voilà comment il est présenté par des intellectuels algériens dans le texte de la pétition contre la célébration du 50e anniversaire de sa mort en Algérie.

Voilà ce que le parti au pouvoir aura probablement rédigé en demandant à de supposés intellectuels d’apposer leur signature au bas de ce document ! Ce tissu de mensonges ne mérite pas le commentaire, il discrédite tous ceux qui, signant ce texte, se prétendent intellectuels... Sous tous les régimes qui ne supportent pas la liberté, il existe une cour de plumitifs qui vont au-devant des désirs et des souhaits du pouvoir pour en obtenir des avantages. La vie et l’oeuvre de Camus témoignent dans le détail du contraire de ce qu’affirment ces prétendus intellectuels. Un intellectuel pense librement, il se démarque des pouvoirs, il ne sacrifie pas aux légendes et mensonges activés par eux pour légitimer leur présence au sommet de l’Etat. La capacité de résistance aux mythes et aux légendes édictés par les pouvoirs en place, voilà ce qui définit l’intellectuel.


5-N’avait-t-il pas cessé d’être un nietzschéen de gauche en disant «oui» à l’ordre colonial ? Ne voulait-il pas concilier l’esclave et son maître ? L’ordre colonial et l’ordre libertaire ? Que répondez-vous à ceux qui posent ce genre de questions ?

Dire que Camus a dit «oui à l’ordre colonial» est une ineptie, une bêtise, une contrevérité que la pure et simple lecture de son œuvre complète dément... Il faut que ces gens cessent de croire le catéchisme rabâché sur Camus et lisent son œuvre s’ils veulent la juger...


6-On peut difficilement faire parler les morts ; mais s’il était encore vivant, comment vivrait-il l’indépendance de l’Algérie, le retour de l’islam ? En suivant la trace de Camus, comment avez-vous trouvé l’Algérie tant aimée par l’auteur de la Peste ?

Il serait abattu, effrayé, découragé qu’on puisse, un demi-siècle après les évènements, lui faire dire le contraire de ce qu’il a dit ! Qu’on puisse encore tenir ce discours du pouvoir en place à son propos en 2012 renseigne assez sur le travail qui reste à faire à ces prétendus intellectuels pour se libérer de l’esclavage mental qui est le leur... Je ne suis pas bien sûr que cette servitude contemporaine montre que le demi-siècle écoulé ait été employé à bon escient en matière de promotion de l’exercice critique et de l’intelligence !


Pour ma part, j’ai vu dans la rue d’Alger des gens francophiles et francophones qui m’arrêtaient dans la rue et avec lesquels j‘ai pu parler librement. Auprès de ce petit peuple que j’ai aimé immédiatement, je n’ai pas retrouvé le langage de la classe dominante au pouvoir ou le ton de vos imprécations contre Camus. Bien au contraire... J’ai mesuré combien Camus avait raison : il y a un génie du peuple algérien. Mais je ne suis pas sûr que les élites aient envie de célébrer ce génie-là... Et quand je dis que je ne suis pas bien sûr, comprenez qu’il s’agit d’une litote... L’indépendance en Algérie est un combat qui reste à mener..

In El Watan ( Cette interview est réalisée par Hamid Zanaz)

P.S : Le précis des Lettres est un digest de la presse Algérienne. On a pris coutume de signaler le média qui a diffusé l'article repris par nous sans citer le nom du journaliste. Mais Monsieur Zanaz nous a signalé cette anomalie et nous avons corrigé de suite. Dorénavant, les auteurs seront cités en source. Que Hamid Zanaz et tous les journalistes nous excusent de cette malencontreuse maladresse. Chose sûre, il n'était pas dans notre intention de nous approprier le travail de quiconque. cet espace est juste un digest de presse pour aider les étudiants en lettres Algériennes à trouver un minimum de données rassemblées dans un seul espace et un support pédagogique de fortune pour leur épargner des recherches qui coûtent du temps et de l'effort !! Ceci dit, toute contribution directe est la bienvenue !!

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 12:12

 

Cet ouvrage est extraordinaire. Il est à mettre entre toutes les mains et dans toutes les bibliothèques familiales. C’est une sorte de dictionnaire hyper-détaillé. Une rétrospective de la liste des auteurs algériens de langue française, qui ont été publiés durant la période coloniale, plus précisément entre 1833 et 1962.

Par ordre alphabétique, le lecteur découvre la biographie d’une pléthore d’écrivains algériens dont beaucoup ne sont plus de ce monde. Même ceux qui ne sont pas très connus figurent dans ce récapitulatif.

Abdellali Merdaci souligne par ailleurs que certains auteurs manquent à l’appel, faute de documents de leur cru : «Malgré notre volonté d’aller vers une recension systématique et principalement pour les toutes premières productions, il peut y avoir des auteurs non reportés dans ce dictionnaire pour des raisons strictement techniques. A titre d’exemple, Athman Ben Sala — guide et ami d’André Gide, cité par Louis Lecoq —écrivait des poèmes en 1896. Les a-t-il publiés ? On n’en a pas trouvé de traces...

Une dizaine d’auteurs pour le XIXe siècle et une cinquantaine pour le XXe siècle sont dans ce cas.» P9 Les femmes écrivains ne sont pas en reste. En lisant ce livre, vous en saurez davantage sur le parcours de Fadhma Aït Mansour Amrouche, Djamila Amrane, Nadia Gendouz, Malika O’lahsen, Zhor Zerari, Annie Steiner, Djamila Debêche et tant d’autres. Linguiste à l’université Mentouri de Constantine, Abdellali Merdaci a publié de nombreux ouvrages, études et articles de presse sur la littérature algérienne, particulièrement celle qui couvre la période coloniale.

Auteurs algériens de langue française de la période coloniale, Abdellali Merdaci, Chihab Editions, 2010, 311 P.

In Le Soir d'Algérie

 

Note de Précis de " Le precis des Lettres" : Le livre est édité aussi chez l'Harmattan en France 

 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 12:14

el-euldj.jpgBien qu’écrit à la veille du centenaire de la prise d’Alger, l’un des tout premiers romans algériens de langue française, publié à compte d’auteur, prend à contre-pied le simplisme de l’idéologie identitaire des intellectuels autochtones. El Euldj, captif des Barbaresques, quoique primé par la Société des artistes africains, n’entre pas dans le moule imposé par le regard colonial. Ce roman fait le procès du discours assimilationniste. En fait, il inverse les rôles. Bernard Ledieux , chrétien fait prisonnier par les corsaires de la Régence, se convertit à l’Islam pour échapper à sa condition d’esclave. Omar Lediousse, El-Euldj (le renégat), épouse Zineb, la fille de son ancien maître Baba Hadji, mais il trouve des difficultés à s’assimiler ; alors que son fils est devenu muphti. El-Euldj sombre dans la folie. Chukri Khodja renvoie aux Français l’histoire d’un échec.

ANEP

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 23:00

Pour le commander, cliquez sur l'image ci-dessous :

photo 1

Pour en savoir plus sur le roman, cliquez sur l'image ci-dessous

IMGP2906

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Published by Moussa Tertag
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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 23:03

Cinquante ans après la disparition de l’intellectuel algérien Jean El Mouhoub Amrouche, l’Algérie officielle lui refuse les ors de la république. Des universitaires et des historiens ont appelé pour la énième fois à la réhabilitation de ce brillant militant indépendantiste.


 

Le directeur du TRB, Omar Fatmouche, a insisté lors de l’hommage qui lui a été rendu au théâtre régional de Bejaia sur le devoir de mémoire à l'égard de l'une des «grandes sommités de la littérature et du combat politique ». L’anthropologue Tassadit Yacine a abondé dans le même sens, en évoquant la nécessité de réhabiliter la pensée et l'œuvre de Jean Amrouche, le militant nationaliste. «Il a été mis à l’écart par le pensée unique (…) Revenir sur Amrouche, c’est retrouver la part occultée et niée de l'Histoire et de nous-mêmes », dira l’enseignante-chercheure à l’EHESS-Paris durant la première journée d’un colloque consacré à cette figure du mouvement nationale.

 

Selon elle, la réflexion politique de l‘enfant d’Ighil Ali sur la domination a transcendé même le fait colonial français, en s’inscrivant dans une forme d’universalisme. L’ami d’Abane Ramdane et Ferhat Abbas espéraient, comme certains dirigeants progressistes du FLN,  voir émerger après la fin de la guerre, une patrie plurielle à laquelle il savait qu'il ne pouvait prétendre à une place au panthéon, d’après Mme Tassadit Yacine.

 

L’historien algérien Madjid Merdaci a estimé, pour sa part, que l’engagement de l’intellectuel Amrouche «était chevillé au mouvement  national» et ses prises de positions contre le colonialisme français étaient osées et  risquées. «En tant qu’intellectuel, il était dans l’obligation de s’exprimer sur le destin de son peuple. Sa pensée était d’une grande rigueur », a-t-il précisé. Outre sa dénonciation publique de la colonisation via ses écrits politiques, Amrouche, a ajouté l’historien, était un homme d’action pour avoir été l’intermédiaire officieux entre le général De Gaulle, avec lequel il était proche, et les dirigeants historiques du FLN. Il a rappelé que l’occultation  de  l’apport tant littéraire que politique d’Amrouche s’explique par le caractère aussi violent et qu’autoritaire du régime algérien, post-indépendance qui abhorre les intellectuels, en notant que beaucoup d’entre eux, même de confession musulmane, ont subit le même sort.  Pour M. Merdaci, il est grand temps de « renationaliser Amrouche et le remettre dans l’espace publique ». 

 

Pierre Amrouche, fils de Jean El Mouhoub, est revenu, non sans émotion, sur la vie tourmentée, l’œuvre et le combat politique de son père. «La misère dans laquelle vivaient les algériens le révoltait. Il en était scandalisé aussi par la politique des camps de concentration qu’il qualifiait de génocide », a fait savoir cet éminent expert en art africain, rappelant que la famille Amrouche, en dépit de sa naturalisation française, a subi brimades et humiliations. « Français de seconde zone pour les français et renégats pour les algériens », dira  Pierre Amrouche.  

 

Durant la guerre de libération, le journaliste Amrouche dénonçait, jusqu’à son dernier souffle, dans la grande presse française, les pratiques de la machine coloniale et appelait à la décolonisation de l’Algérie.  «Ses textes dérangeaient beaucoup les politiques français  de l’époque», se souvient son fils. En signe de représailles, il était viré de la radio française par le premier ministre Michel Debré, fervent partisan de l’Algérie française. Et sa belle famille, comme ses amis, lui avaient tourné le dos.

 

Interrogé lors des débats sur les archives de son père, le fils a affirmé avoir proposé de les confier à l’Algérie, mais que sa proposition «était tombée dans un silence total». Pierre Amrouche a par ailleurs déploré qu’aucun hommage officiel n’ait été rendu à son paternel ni en Algérie, encore moins en France.

El Watan

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